
Cet article évalue l’influence des infrastructures de transport sur la compétitivité des entreprises locales à Douala. Malgré un système de transport varié, la ville souffre d’une congestion constante qui nuit à la compétitivité des entreprises. L’emploi des instruments de l’économétrie spatiale a révélé une demande grandissante en matière de logistique émanant des sociétés. Avec un indice de Gini à 0,14, les résultats indiquent une répartition plutôt équilibrée des infrastructures dans la zone d’analyse. L’étude de l’indice de Moran indique l’absence d’une autocorrélation spatiale significative. Bien que la matrice de dépendance impose un lien théorique fort, notamment sur les axes Douala 1 et 4, l’infrastructure actuelle agit comme une barrière spatiale entre les districts. L’étude révèle que la crise de la mobilité à Douala n’est pas uniquement due à l’insuffisance des routes dans les districts, mais également à un déphasage constant entre les principaux pôles urbains et les réseaux de transport. La ville se manifeste donc comme un ensemble d’îlots logistiques qui influe sur la compétitivité des sociétés en faisant grimper les frais de transport et les temps de livraison. Pour remédier aux lacunes identifiées, trois recommandations ont été proposées : (i) La ville devrait modifier son paradigme, passant d’une vision « pont-passage » à une vision « couloir de performance », afin de gagner plus de flexibilité ; (ii) encourager l’évolution vers un polycentrisme fonctionnel qui accorde plus d’autonomie aux blocs et allège ainsi le centre urbain ; (iii) enfin, privilégier la planification en se fondant sur les flux plutôt que sur les arrondissements. Mots clés : Infrastructures de transports, compétitivité, économétrie spatiale, entrepreneur, logistique urbain
