
CLEF DE DÉTERMINATION DES ESPÈCES DE CYNORKIS THOUARS PRÉSENTES À MAYOTTE1. Feuille sans gaine basale visible, à limbe ligulé-linéaire; fleur à périanthe vert parfois à reflet violet; plante généralement unifoliée ................................................................................................ C. speciosa Ridl.— Feuille avec gaine basale visible .................................................................................................................... 22. Gaine basale violette .................................................................................................................................... 3— Gaine basale verte ........................................................................................................................................ 43. Feuille lancéolée linéaire aiguë; fleur jaune soufre ............................................................... C. flexuosa Lindl.— Feuille oblongue à ovale-lancéolée; fleur rose à macule centrale plus intense .................................................. ...................................................................................... C. benaraensis Vennetier, Traclet & Dimassi, sp. nov.4. Feuille unique, oblongue à ovale-lancéolée, fleur mauve + / - intense ......................... C. purpurascens Thouars— Deux feuilles lancéolées-linéaires; fleur blanche en son centre, rose pâle à l’extrémité des lobes ...................... ....................................................................................................................................... C. fastigiata ThouarsFleurs (Fig. 2) 23-27× 19-25 mm sans l’éperon. Ovaire avec le pédicelle de 38-52 mm de long, 1,9-2,2 mm de large à l’anthèse, glanduleux, concolore à la tige, le pédicelle généralement plus clair. Périanthe blanchâtre teinté de vert ou de rose. Sépales portant dorsalement de nombreux poils glanduleux-hispides jusqu’à 2 mm de haut. Sépale médian très concave, ovale, aigu, 12-13 × 6-8 mm, trinervé. Sépales latéraux, 13-15 × 6-7 mm, concaves, subobovales, arqués, subaigus, trinervés. Pétales 12-14× 3,5 mm, glabres, elliptiques-falciformes, subobtus à aigus, formant le plus souvent un casque avec le sépale médian mais quelquefois libres, blanc à marge externe teintée de rose, à trois nervures peu distinctes. Labelle 23-27 × 19-25 mm, quadrilobé ou trilobé avec le lobe médian profondément échancré, longitudinalement convexe, rose lilas et présentant en son centre une macule rose foncée. Lobes latéraux plus longs et plus larges que les médians, multinervés, 6-9 mm de large, entiers, oblongs à obovés, arrondis à subtronqués. Lobes médians 5-6 mm de large oblancéolés, à bord distal entier ou légèrement émarginés ou tronqués, ou arrondis. Éperon glabre, légèrement conique à la base puis filiforme, s’atténuant graduellement et quelquefois légèrement renflé vers l’apex, droit, presque parallèle à l’ovaire, 3-4 cm de long, plus court que l’ovaire, blanchâtre à la base, puis verdâtre, et enfin violacé dans sa partie apicale.Gynostème dans un plan horizontal de 8 mm de long et 3,5 mm d’épaisseur. Rostellum long de 6,5 mm en tout, lobe médian obliquement dressé à 45°, tronqué, légèrement arqué, plus large à l’apex (3 mm) qu’à la base, plus haut (2 mm) que l’anthère. Bras du rostellum de 2,5 mm de long, divergents puis légèrement incurvés en dedans à l’apex, et écartés l’un de l’autre de 4-4,5 mm. Caudicules de 7-8 mm de long, viscidies petites, rondes. Processus stigmatiques inclus, charnus, violet foncé, à trois auricules, deux fois plus courts que le rostellum, libres au sommet, soudés par leur bord externe à la lèvre inférieure du rostellum et se rejoignant par leur base capitée au-dessus de la fosse stigmatique. Staminodes à mi-distance de l’anthère et des viscidies, dépassant courtement de chaque côté de la base des bras du rostellum, formant une petite saillie verruqueuse allongée de 1,5- 2 mm. Anthère de 1,5 mm de haut arquée vers l’avant, à 2 opercules violet-pourpre et filet étroit. Pollinies 2, formant un angle de 90° avec les caudicules, sectiles, bleu vert (Fig. 1).RÉPARTITION ET ÉCOLOGIEL’espèce n’est connue que de six stations, toutes situées sur le massif du Bénara. Malgré de nouvelles prospections depuis août 2018, aucune autre station n’a pu être découverte sur d’autres massifs de l’île.Ce nouveau taxon essentiellement rupicole se développe sur des parois phonolitiques au sein de la forêt humide d’altitude dans la zone submontagnarde (550 à 640 m) à caractère néphéliphile et mésotherme, avec une pluviométrie annuelle supérieure à 2 000 mm et une nébulosité importante et régulière. La plante se développe dans l’humus (pH =8-8.5 mesuré sur site), elle émet quelquefois des rhizomes longiformes sinués jusqu’à 20 cm de long lorsque la plante déborde des cavités ou fissures étroites dans lesquelles elle s’est fixée en premier lieu. Un pied de l’espèce décrite a été observé poussant sur le bas d’un tronc de Nuxia pseudodentata Gilg. avec un bulbe inséré à l’intérieur de l’écorce (Fig. 3).HISTORIQUE DE LA DÉCOUVERTELa première récolte d’un spécimen de C. benaraensis Vennetier, Traclet & Dimassi, sp. nov., date d’août 2001 par Fabien Barthelat sur le Mont Bénara (en fleur). Cette orchidée fut par la suite photographiée par Guillaume Viscardi en juillet 2006 (en fleur) et par René Arhel en septembre 2015 (en fleur) au col du Mont Bépilipili (sans prélèvement). Les photos rapportées ont permis de mettre en évidence les différences avec les autres espèces de Cynorkis présentes à Mayotte. Du matériel a été récolté sur cette station en 2017 et depuis, six stations ont pu être découvertes sur le massif du Bénara bénéficiant là aussi d’herborisations en 2019.
