
Cet article examine dans quelle mesure, et sous quelles conditions, la sophistication des systèmes de contrôle de gestion influence la performance organisationnelle des entreprises africaines. Il mobilise un cadre théorique intégratif articulant la théorie de l’agence, la théorie des parties prenantes, la théorie des capacités dynamiques et la perspective contingente. Une méthodologie mixte séquentielle est déployée auprès de 214 entreprises implantées au Tchad, au Sénégal et au Cameroun, complétée par 18 entretiens semi-directifs auprès de dirigeants, directeurs financiers et contrôleurs de gestion. Les résultats montrent que la sophistication des systèmes de contrôle de gestion exerce un effet positif et significatif sur la performance financière et non financière. Toutefois, cet effet n’est ni automatique ni uniforme : il dépend fortement des capacités organisationnelles internes et de la qualité du contexte institutionnel. L’étude souligne ainsi que les systèmes de contrôle de gestion ne produisent pleinement leurs effets que lorsqu’ils sont appropriés par des équipes compétentes, adaptés aux réalités locales et soutenus par un environnement réglementaire relativement stable. Les résultats recommandent, d’une part, de privilégier des systèmes de contrôle hybrides associant dispositifs formels, indicateurs non financiers et mécanismes informels de coordination ; d’autre part, d’accompagner leur déploiement par des investissements soutenus dans la formation managériale et la digitalisation progressive des outils de pilotage. Mots-clés : systèmes de contrôle de gestion ; performance organisationnelle ; contexte institutionnel ; entreprises africaines ; contrôle formel et informel.
