
Cet article examine l’évolution du concept de « laideur » dans l’esthétique occidentale, en mettant en évidence le déplacement progressif du primat du « beau » vers une revalorisation critique du « laid ». Longtemps pensé comme simple négation de la beauté, le laid acquiert, avec l’idéalisme allemand, une portée théorique nouvelle. À partir de la pensée hégélienne, la laideur est envisagée comme moment dialectique nécessaire à la manifestation de l’Idée dans l’art. Toutefois, l’analyse de L’Esthétique du laid de Karl Rosenkranz révèle une limite : malgré la centralité accordée au « laid », celui-ci demeure subordonné au beau, qui en constitue la mesure normative. La réflexion se prolonge avec Nietzsche, dont la critique du « spectateur désintéressé » et du dogmatisme esthétique contribue à ébranler les fondements classiques du jugement de goût. Ce tournant ouvre la voie à une conception de l’art affranchie des normes traditionnelles, où la laideur, la dissonance et la transgression participent de l’autonomie artistique.
| selected citations These citations are derived from selected sources. This is an alternative to the "Influence" indicator, which also reflects the overall/total impact of an article in the research community at large, based on the underlying citation network (diachronically). | 0 | |
| popularity This indicator reflects the "current" impact/attention (the "hype") of an article in the research community at large, based on the underlying citation network. | Average | |
| influence This indicator reflects the overall/total impact of an article in the research community at large, based on the underlying citation network (diachronically). | Average | |
| impulse This indicator reflects the initial momentum of an article directly after its publication, based on the underlying citation network. | Average |
