
La présente recherche aborde la problématique de la dégradation de l’environnement et singulièrement des terres agricoles de la région du Nord, caractérisée depuis les années 1970 par des réponses multiples de projets de développement en vue de restaurer les terres dégradées et l’amélioration de leur gestion. La dégradation revêt une typologie variée, mais la présente recherche s’attelle sur l’usure du couvert végétal, la baisse des rendements agricoles, les implications socioéconomiques (pertes de revenus, migration, stratégies d’adaptation) induites et s’interroge sur l’efficacité de la gouvernance environnementale. L’objectif de la recherche est de contribuer à la mise en place d’une gouvernance environnementale versus dégradation des terres dans un contexte territorial où foisonnent plusieurs acteurs. L’approche méthodologique est axée sur la collecte de données alphanumériques auprès de 438 ménages agricoles, l’exploitation de données climatiques (1991-2021), spatiales (756 images ndvi de SPOT VEGETATION sur la profondeur historique de 21 ans) et cartographiques (occupation des terres de 2009 et 2021). Les agriculteurs perçoivent une dynamique négative de l’environnement global à 98,2 % contre 73,9 % qui estiment que les terres agricoles sont moyennement affectées dans la province du Yatenga et 80,0 % dans le Zondoma. Suite à la dégradation des terres, les ménages font face à un accroissement du coût d’exploitation des parcelles agricoles, une accentuation de leur vulnérabilité alimentaire, la persistance de l’émigration des membres du ménage et des déficits céréaliers notables. La valeur monétaire des pertes de rendement liées à la dégradation des terres est de 17 914 113 306 FCFA pour une superficie de 166 973 hectares et 162 631 314 kilogrammes de pertes de céréales. Les coûts économiques de la dégradation des terres représentent 191,1% des revenus mobilisés, 146,8% du budget prévisionnel du plan de développement régional (2018-2022), 1,0% du PIB agricole et 0,2% du produit national brut. Cette situation n’est-elle pas la résultante d’une gouvernance environnementale en crise, marquée par la multiplicité des acteurs, surtout les incohérences de leurs interventions en lien avec les priorités de développement. L’inefficacité des interventions a conduit à de piètres résultats d’où l’urgence d’asseoir une gouvernance environnementale orientée sur la dégradation des terres, avec une cohérence des actions des projets, des ONG/AD en lien avec les secteurs d’intervention stratégique de l’État et la définition d’un référentiel spatial de monitoring au niveau local.
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