
La croissance urbaine, particulièrement marquée en Afrique et dans les pays en développement, transforme profondément les paysages et fragilise les écosystèmes. Les villes, moteurs du développement économique et social, concentrent également les pressions anthropiques : artificialisation des sols, pollution atmosphérique et hydrique, perte de biodiversité et fragmentation des habitats. Or, les écosystèmes urbains parcs, zones humides, forêts périurbaines, espaces verts, sols vivants sont essentiels pour la régulation climatique, la gestion des eaux, la purification de l’air et le bien-être des populations (Elmqvist et al., 2015). Leur dégradation compromet non seulement la qualité de vie urbaine, mais aussi la résilience des cités face aux changements globaux. La gestion durable de ces écosystèmes ne peut plus être reléguée au second plan. Elle doit devenir un pilier central des politiques de planification urbaine. Intégrer la nature dans la ville, ce n’est pas un luxe, c’est une nécessité. Les solutions fondées sur la nature (Nature-based Solutions, NbS) restauration des zones humides, corridors écologiques, toitures végétalisées, agroforesterie urbaine offrent des alternatives concrètes et souvent plus rentables que les infrastructures grises (Kabisch et al., 2017). Elles contribuent à atténuer les vagues de chaleur, réduire les inondations, améliorer la santé publique et renforcer la cohésion sociale (WHO, 2017). Cependant, la sauvegarde des écosystèmes urbains exige un changement profond des pratiques de gouvernance. Les autorités locales doivent développer des mécanismes participatifs, impliquant habitants, associations et secteur privé. Des approches co-construites améliorent non seulement l’efficacité des actions, mais aussi leur acceptabilité sociale (Frantzeskaki et al., 2019). La recherche scientifique a un rôle déterminant à jouer, en produisant des données fiables pour éclairer les décisions et en testant des modèles de gestion adaptative (Grimm et al., 2008). Mais sans volonté politique et financement conséquent, ces initiatives resteront marginales. Nous plaidons ici pour une nouvelle approche de la ville, où chaque projet d’infrastructure intègre une dimension écologique, où chaque espace dégradé est vu comme une opportunité de restauration, et où chaque citoyen est un acteur de la sauvegarde de son environnement. Comme le rappelle l’IPBES (2019), les villes sont à la fois des moteurs de la dégradation de la biodiversité et des lieux stratégiques pour sa reconquête. La transition écologique des villes est l’un des grands défis du XXIe siècle. Réussir cette transition, c’est garantir non seulement la survie de nos écosystèmes urbains, mais aussi l’avenir des générations qui y vivront.
| selected citations These citations are derived from selected sources. This is an alternative to the "Influence" indicator, which also reflects the overall/total impact of an article in the research community at large, based on the underlying citation network (diachronically). | 0 | |
| popularity This indicator reflects the "current" impact/attention (the "hype") of an article in the research community at large, based on the underlying citation network. | Average | |
| influence This indicator reflects the overall/total impact of an article in the research community at large, based on the underlying citation network (diachronically). | Average | |
| impulse This indicator reflects the initial momentum of an article directly after its publication, based on the underlying citation network. | Average |
