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L¿année 2010 se présentait comme une année politique transitoire entre deux cycles électoraux (2007-2009 et 2012-2015). En l¿absence d¿indices annonçant de nouvelles réformes ou la refondation du champ partisan, l¿ennui menaçait sérieusement de marquer la politique marocaine. Or, celui-ci a été troublé à plusieurs reprises. Dès le début de l¿année, Mohamed VI prend successivement deux initiatives. En premier lieu, le 3 janvier, il installe la Commission royale pour la régionalisation et, dans la foulée, annonce une réforme d¿envergure. Parmi les enjeux de celle-ci, la définition du futur statut des provinces sahariennes en conflit n¿est pas des moindres. La solution soumise aux négociations par les autorités marocaines passe par l¿octroi d¿une large autonomie de gestion à la région. On est donc en droit de penser que le processus de régionalisation sera différencié et qu¿il apportera un début de réponse aux attentes des populations sahraouies et des alliés du Maroc. Mais pour autant, il convient de ne pas ouvrir la « boîte de Pandore » d¿une décentralisation qui menacerait à terme la souveraineté de Rabat sur le Sahara occidental. L¿hypothèse d¿une régionalisation différenciée est renforcée par la nomination d¿Omar Azziman à la tête de la Commission. Ancien ministre délégué des droits de l¿Homme auprès du Premier ministre (1993-1995), puis de la Justice (2002-2007), il a également eu tout le loisir de s¿enquérir du fonctionnement du système autonomique asymétrique en vigueur en Espagne alors qu¿il était ambassadeur du Maroc à Madrid. Vu l¿ampleur de la tâche, la Commission n¿a pas pu rendre sa copie au mois de juin comme cela était prévu initialement. Elle a obtenu un nouveau délai et ses conclusions devraient être connues au début de l¿année 2011. Elles devraient être discutées, amendées et approuvées avant de passer aux élections en 2012. On attendra donc de connaître le projet définitif pour consacrer à la régionalisation de plus amples développements. Le lendemain de l¿installation de la Commission, le 4 janvier, le roi prend une seconde initiative en procédant à un remaniement du gouvernement d¿Abbas El Fassi. Pour la plupart des observateurs, il y a une relation causale entre les deux événements . Dans un cas comme dans l¿autre, la méthode appartient au registre de la gouvernance autoritaire inhérent à la dimension exécutive de la Monarchie promue par Mohamed VI. Quid de la « méthodologie démocratique », si chère aux partis de la Koutla ad-dimucratiya (coalition de partis regroupant l¿Istiqlal, l¿Union socialiste des forces populaires et le Parti du progrès et du socialisme) qui forment l¿ossature partisane du gouvernement ? Ce remaniement ministériel est à bien des égards porteur d¿une extension du domaine de la souveraineté du roi sur le gouvernement. On s¿attardera donc sur les motivations prêtées à l¿initiative du roi, ainsi que sur le profil des sortants et des entrants au gouvernement. Ensuite, on suivra quelques péripéties de la vie des partis politiques en revenant sur le changement à la tête du Rassemblement national des indépendants (RNI), sur les congrès du Mouvement populaire (MP) et du Parti du progrès et du socialisme (PPS) et sur les remous au sein de l¿Union socialiste des forces populaires (USFP). On s¿arrêtera sur les polémiques suscitées par le Parti de la justice et du développement (PJD) et sur sa contribution avec le Parti authenticité et modernité (PAM), son alter-ego dans l¿opposition parlementaire, à la construction d¿un clivage idéologique au sein du champ partisan. La morosité ambiante sera le prétexte à une interrogation sur le rôle joué par les partis dans la configuration gouvernementale et parlementaire actuelle. On abordera la question de l¿attentisme des partis et de ses conséquences sur leurs tensions internes.
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