
doi: 10.7202/030595ar
C'est sans doute le terme de « suprématiste » qui conviendrait le mieux pour décrire le travail de Maurice Blanchot à cause de ce qui se donne comme un thème récurrent dans toutes ses publications : le défi qu'il s'est lancé de considérer comme absolues les limites de la représentation. Dans l'un ou l'autre de ses ouvrages, l'abstraction du langage devient paradoxalement le genre suprême de la qualité concrète, en peinture aussi bien qu'en littérature, de sa praxis. À ce stade, les enjeux naissent de la crise qui affecte une avant-garde qui ne parvient plus à soutenir les signes de renouvellement perpétuel de la forme de sa création. Entre les années 1910 et 1913, l'aporie de la modernité conduit rapidement à la formulation de l'idée de la mort de l'art et, après la deuxième guerre mondiale, avec l'apparition de L'Espace littéraire de Blanchot, cette même aporie amène à engager la littérature dans l'expérience des limites. Cet article se propose donc d'évaluer, par le biais de la présence du silence dans l'oeuvre, le degré d'aridité qui affecte la représentation, de celle des sens en particulier, et les limites que peuvent atteindre de telles aventures.
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