
doi: 10.3917/cpe.073.0032
Avec en perspective l’insertion du pays dans l’économie mondiale, la plus grande entreprise russe, toujours majoritairement publique, Gazprom, met en œuvre une stratégie d’internationalisation selon trois grands axes, V. Poutine affirmant sa volonté d’utiliser l’«arme du gaz», et plus généralement des hydrocarbures, pour permettre à la Russie de retrouver son statut de grande puissance. En premier lieu, Gazprom cherche à diversifier ses marchés d’exportation en prenant pied aux Etats-Unis et en Asie, tout en consolidant ses positions dans l’Union européenne, qui reste le premier de ses débouchés, notamment avec l’ouverture de nouvelles voies d’acheminement. Ensuite, le monopole gazier s’emploie, depuis une dizaine d’années, à prendre des participations dans un certain nombre d’entreprises importantes de transport et de distribution du gaz, voire dans des centrales électriques, des pays de l’UE, de l’ex-URSS et de l’ex-CAEM ; il a ainsi pour objectifs, non seulement de conforter et sécuriser son implantation, mais aussi, en ayant un accès direct aux consommateurs finaux, de récupérer une partie de la rente gazière. Enfin, il est impératif pour Gazprom d’élargir la base de ses réserves, situées aujourd’hui pour l’essentiel en Russie ; d’où de nombreux accords de partage de production conclus avec les Etats d’Asie centrale possédant du gaz. Toutefois, divers facteurs, tant extérieurs qu’intérieurs, risquent d’entraver les visées de Gazprom. Ainsi, la libéralisation du marché européen de l’énergie, en ouvrant la porte à la concurrence, peut mettre à mal la compétitivité de son offre, alors même que ses coûts de production ont de fortes chances d’augmenter en raison de l’épuisement de ses réserves les plus accessibles. A cet égard, la compagnie ne semble pas prête à effectuer des investissements très lourds dans le développement de nouveaux gisements, tous situés dans des régions de plus en plus lointaines et inhospitalières et pourrait envisager une croissance plus lente de sa production de façon à «économiser» ses réserves. Mais reste l’inconnue de l’arbitrage entre l’approvisionnement du marché intérieur et l’exportation, qui dépend des prix domestiques, et donc d’une décision éminemment politique.
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