
doi: 10.3917/cpe.040.0004
On savait les conséquences sociales de plus de douze années de transition dans les pays de l’Europe centrale et orientale, dramatiques. Mais le constat que dresse ici l’auteur d’un ouvrage remarqué sur l’Union européenne, sur le démantèlement des dépenses sociales opéré au nom de la rigueur budgétaire et les restrictions drastiques imposées à la couverture sociale de populations durement frappées par le chômage, au travers d’une privatisation généralisée des systèmes de protection sociale, est particulièrement dur. Aucun des futurs pays membres n’y échappe même si, à certains égards, la Slovénie ou l’Estonie présentent, sur des points mineurs, une réalité un peu moins sombre. Ecartée de l’objectif de convergence vigoureusement prôné par ailleurs en matière économique, la protection sociale a connu dans ces pays une dégradation d’autant plus alarmante que celle-ci apparaît désormais, à bien des égards, irréversible. Le cas de la réforme du système des retraites, désormais basé dans plusieurs pays sur le principe «des trois piliers», offre un exemple édifiant de ce que la transposition de réformes à des économies aux systèmes bancaire et financier encore mal assis, augure d’un nouvel appauvrissement de la situation des retraités. La responsabilité est pour le moins partagée. Qu’il s’agisse de celle des gouvernements de ces pays qui, quelle que soit leur couleur politique, ont sacrifié le sort d’une grande majorité de leur population sur l’autel d’un néo-libéralisme sans nuances, marginalisant d’entrée de jeu l’ensemble des partenaires sociaux ; de celle des institutions internationales à commencer par la Banque mondiale dont la politique de ciblage en faveur des catégories les plus défavorisées a fait long feu ; de celle enfin de l’Union européenne qui, dans sa démarche d’intégration de ces pays, n’a que trop tardé à étendre sa «méthode de coordination ouverte» au domaine de la protection sociale.
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