Les réminiscences spartiates dans les discours et la politique de Robespierre de 1789 à Thermidor

Article French OPEN
Rosso, Maxime (2010)
  • Publisher: Société des études robespierristes
  • Subject: Antiquité | éducation | patriotisme | république | révolution | Robespierre | Sparte

La Grèce antique est une des sources les plus riches de la pensée politique occidentale. Les réflexions de ses philosophes et les institutions de ses cités ont servi de modèles et appuyé les constructions intellectuelles, depuis la fin de cet ancien monde jusqu’au XXe siècle, où, il est vrai, la référence antique s’estompe un peu. Deux systèmes se détachent de l’ensemble et ont retenu l’attention de par leur importance historique et de par l’obstination des auteurs à opposer leurs lois et leurs règles sociales respectives : Athènes et Sparte. On connaît assez bien le lien entre la cité attique et l’idée démocratique. En revanche, l’héritage Spartiate est plus difficile à cerner, notamment en France. Pourtant, jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, sur le plan des idées politiques, Lacédémone devance largement sa consœur et fait presque jeu égal avec Rome. Maximilien Robespierre se situe donc au bout de cette chaîne de réflexions autour de la cité de Lycurgue. Il en fait la synthèse et met en avant l’idéal Spartiate dans la France révolutionnaire. Il peut en effet trouver des exemples et des réponses à ses propres aspirations dans l’histoire de cette cité. La soumission à la loi, la dévotion à la patrie ou la régénération du citoyen grâce à l’éducation, autant de traits qui ont construit la réputation de Sparte. Le contexte révolutionnaire est particulièrement propice à la résurgence de ces valeurs. Robespierre est donc celui qui donne un sens à l’utilisation de Sparte en France de la Renaissance à la Révolution. Il montre son rôle dans la construction de l’idée républicaine. Ancient Greece is one of the richest sources of Western political thought. The reflections of its philosophers and the institutions of its cities have served as models and supported intellectual constructions from the end of the Ancient World until the twentieth century, when, it is true, the classical references have slightly faded. Two separate systems distinguish themselves from the others, and have sustained attention not only by their historical importance, but by the persistent practice of later authors of contrasting their laws and their respective social rules: Athens and Sparta. One knows rather well the connection between the Ancient Greek city and the idea of democracy. But the heritage of Sparta is more difficult to define, notably in France. Yet until the end of the eighteenth century, in the realm of political ideas, Sparta was ahead of Athens, and nearly the equal of Rome. Maximilien Robespierre is at the end of the line of reflections about the city of Lycurgus; he offered a synthesis about it, and promoted the Spartan ideal in Revolutionary France. Indeed, he could find examples and answers for his own aspirations in the history of this city. The submission to the law, the devotion to the patrie, or the regeneration of the citizen through education, are so many traits that made up the reputation of Sparta. The revolutionary context was especially propitious to the revival of these values. Robespierre, then, gave meaning to the use of Sparta in France from the Reformation to the Revolution. He illustrated its role in the construction of republican ideas.
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