Les politiques publiques en matière d’économiesd’énergie dans les communes valaisannes: évolution, comparaison et recommandations

Doctoral thesis French OPEN
Arlettaz, Delphine ; Matos, Rafael (2010)

A l’heure actuelle, les changements climatiques sont devenus l’un des plus grands défis auxquels la population mondiale est confrontée. Le réchauffement planétaire semble s’empirer d’année en année, accompagné par une multitude de phénomènes extrêmes dont les intervalles sont toujours plus rapprochés. Plus un jour ne passe sans que l’on n’entende à la télévision, ou que l’on ne lise dans les journaux un sujet qui s’apparente à cette problématique. La Terre se réchauffe, les glaciers fondent, le niveau des mers monte, les inondations se multiplient, le nombre de victimes s’accroît de façon alarmante. Quelle en est la cause ? Un grand nombre de scientifiques accusent l’homme et sa production exponentielle de gaz carbonique issue de ses activités industrielles notamment. L’augmentation des températures, et les catastrophes qui en découlent, coïncide avec l’aggravation de la quantité de CO2 dans l’atmosphère. A contrario, d’autres scientifiques – en plus petit nombre – défendent le fait que l’homme est accusé à tort. Il s’agirait en effet d’un simple processus naturel qui a déjà été connu de notre planète. Depuis plusieurs siècles déjà, des périodes froides succèdent à des périodes plus chaudes, sans qu’il soit possible d’accuser les activités humaines. Parallèlement à cela, la société actuelle, de consommation, a parfois tendance à être égoïste et à ne pas assez penser au développement des générations futures. D’ailleurs, aujourd’hui, l’énergie consommée provient à 80% d’énergies fossiles. Or, ces sources ne sont pas éternelles… Au rythme où vont les choses, le risque d’être confronté à une pénurie est relativement grand et proche. La population mondiale prend ainsi petit à petit conscience qu’il est devenu nécessaire d’agir pour éviter que les dérèglements du climat s’intensifient et pour ne pas se retrouver sans alternative face au manque de ressources non-renouvelables. C’est pourquoi, l’augmentation du prix de l’électricité aidant, la notion d’économies d’énergie commence à prendre une place considérable dans notre vie de tous les jours. La Confédération, les Cantons et les Communes s’activent alors afin de promouvoir les énergies indigènes, renouvelables ainsi qu’une utilisation plus rationnelle de l’énergie. Soutenus par la Confédération, les cantons offrent différentes aides à la population afin d’encourager l’installation de panneaux solaires ou la rénovation de bâtiments très gourmands en énergie par exemple. En ce qui concerne le canton du Valais, il bénéficie d’un cadre privilégié, grâce à son ensoleillement, ses cours d’eau et ses glaciers ainsi qu’au vent qui souffle dans sa plaine. Pourtant, sa participation au financement de capteurs solaires est plus limitée que celles d’autres cantons, où le soleil se fait moins présent. Plus proches des citoyens, ce sont aux communes que revient la plus grande tâche de sensibilisation et d’encouragement. Certaines d’entre elles se lancent dans la labellisation « Cité de l’énergie », qui prouve qu’elles pratiquent une politique durable et concrète en matière d’énergie, de trafic et d’environnement. D’autres ne s’aventurent pas dans la démarche d’obtention d’un label, mais s’appliquent tout de même à inciter leurs citoyens à faire preuve d’un comportement moins énergivore. En réalisant un panorama des politiques énergétiques de quelques communes du Valais Romand, il apparaît que chacune d’entre elles a sa stratégie qui lui est propre. De plus, certaines semblent plus engagées que d’autres en visant le pendant européen du label « Cité de l’énergie » dont les exigences sont sensiblement plus élevées. Il semblerait aussi que certains responsables ne s’impliquent pas encore suffisamment dans cette problématique. La raison n’est certainement pas due à un manque d’intérêt, mais plutôt à un manque de temps. Cela se répercute forcément sur les citoyens et sur la connaissance que ces derniers ont de la politique de leur commune respective. Quelques questions posées à une dizaine d’habitants de chaque commune ont d’ailleurs montré qu’il y avait encore un manque de communication dans la plupart des agglomérations valaisannes. Il est néanmoins agréable de constater que le Valais et ses communes s’affairent déjà à favoriser une consommation plus économe de l’énergie et une utilisation plus importante des énergies renouvelables. Cependant, outre le domaine de la communication, les communes ont encore une belle marge de progression devant elles avant d’atteindre une solution optimale, que l’on pourrait aussi appeler « Société à 2'000 watts ». Ce concept, imaginé par des chercheurs de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich (EPFZ), consiste à réduire la consommation énergétique par personne et par année, afin que celle-ci équivaille à 2'000 watts. Il s’agit en réalité de la moyenne mondiale, en sachant que les Américains en utilisent 12'000 et que certains pays d’Afrique quelques centaines seulement. Il faudra également du temps aux communes valaisannes avant d’égaler certaines villes d’Allemagne ou de Suède, pour qui les économies d’énergie sont devenues une sorte de philosophie de vie. Les villes et villages de notre canton, qu’ils soit petits ou grands, labellisés « Cité de l’énergie » ou non, devraient commencer par revoir leur organisation et l’améliorer afin de sensibiliser plus sérieusement et intensément les citoyens. Cela permettra, par analogie, une diffusion plus efficace des informations et par conséquent une meilleure implication de la part de la population. En outre, grâce à son climat exceptionnel, le Valais aurait tout avantage à promouvoir l’installation de panneaux solaires par exemple et les communes, à utiliser les sources d’énergies renouvelables de la façon la plus optimale possible. Finalement, des esprits créatifs seront peut-être la source qui donnera la chance à notre canton de se distinguer des autres et de réduire sa consommation énergétique de manière considérable. En attendant, ne faudrait-il pas que chacun d’entre nous, à notre niveau, commencions par nous interroger sur notre façon de vivre et sur certains gestes machinaux que nous pourrions modifier afin de préserver notre environnement et celui des générations futures? Après tout, l’océan n’est-il pas constitué que de gouttes d’eau?
Share - Bookmark