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Publication . Part of book or chapter of book . 2017

La vulnérabilité socio-économique à Lima, une étude à travers les asentamientos humanos.

Michel, Camille; Oliveau, Sébastien;
French
Published: 01 Mar 2017
Publisher: HAL CCSD
Country: France
Abstract

National audience; Lima, capitale du Pérou, métropole de près de 9 millions d’habitants est une ville vulnérable sur plusieurs plans, qu’ils soient physiques, géologiques, sociaux… Les populations, selon leur localisation ne sont pas exposées aux mêmes risques de vulnérabilité. La capitale péruvienne est située au bord de l’océan Pacifique sur une zone désertique. Elle s’étend sur une superficie de 2 672 km² où se concentrent près de 9 millions d’habitants (un tiers de la population du pays), soit une densité de 3 391 hab./km². La ville se situe sur une zone instable du point de vue sismique. Elle connaît de nombreuses secousses, dont certaines qui furent dévastatrices. Certaines zones de la ville sont soumises à d’importantes érosions au niveau des falaises ou des collines ceinturant la ville, appelées « Cerros ». Depuis les années 1940 la ville connait une forte croissance démographique avec son apogée vers 1960. Cette explosion urbaine (en 1954 on comptait près de 1 300 000 habitants et plus de 6 millions en 1993) (D’Ercole, R. et Sierra, A., 2008, Driant, JC., 1989), a été impulsée par un mouvement migratoire, la population provenant majoritairement des montagnes, puis par un processus de densification. Cette forte croissance démographique a entraîné une importante demande de logements. Cependant, l’Etat n’a pas su mener une politique de logement suffisante, notamment pour la population ayant un faible revenu. Un habitat informel s’est alors développé de manière considérable dans la métropole (Riofrio, G., 2003). Cette forme de logement est aujourd’hui un des principaux éléments de la définition de l’espace urbain de la capitale, et porte le nom d’Asentamientos Humanos (littéralement « établissements humains »). Ils correspondent aux bidonvilles, et étaient anciennement connus sous le nom de Barriadas (1930-40) puis de Pueblos Jovenes (1970). A partir des années 1980, tous les terrains plats et urbanisables ont été occupés et l’occupation de nouvelles terres s’effectua au-delà de la frontière urbaine, sur des terres marginales à la topographie prononcée (Barreda, J. et Corzo Ramirez, D., 2004). Ces zones présentent des risques pour la population en raison d’éboulements et de glissements de terrains possibles. Par son contexte de ville coloniale, la capitale présentait dès son origine (le 18 janvier 1835) des inégalités, notamment une ségrégation entre les colons et les indigènes, qui se répercutait spatialement. Cette situation de ségrégation ancienne a continué à s’implanter dans la capitale au cours du temps. Le contexte urbain de la capitale péruvienne est caractérisé par la présence de deux types d’urbanisation : l’urbanisation conventionnelle qui constitue la partie formelle de la ville, et l’urbanisation informelle (sous la forme des Asentamientos Humanos) située principalement en périphérie lointaine. La dynamique actuelle se porte sur la formalisation et la titularisation de ces terres issues de l’urbanisation informelle. L’objectif, à travers la Commission de Formalisation de la Propriété Informelle (COFOPRI), est de formaliser les quartiers où sont implantés des Asentamientos Humanos et de titulariser progressivement chacun des lots en délivrant des titres de propriétés individuels aux habitants. A l’issue du processus, l’ensemble du quartier est formalisé et fait partie intégrante de la ville conventionnelle.Même si cette politique est inégalitaire et ne permet pas une amélioration directe des logements, elle dénote néanmoins d’un processus d’intégration de ces quartiers dans la ville. Cependant, les dynamiques de ségrégation demeurent. La population vivant dans les Asentamientos Humanos présente une forte vulnérabilité au regard de la population du reste de la ville. Pauvreté, précarité des logements (absence d’électricité, d’eau courante, matériaux fragiles…), niveau d’étude et niveau de qualification bas… sont des paramètres qui caractérisent le logement et la population vivant dans les bidonvilles de Lima.Les espaces de pauvreté sont majoritairement situés en périphérie de la ville, c’est également dans ces zones que se localisent les Asentamientos Humanos. Par ailleurs, une analyse de la ségrégation dans la ville, a montré que les deux groupes les plus ségrégés étaient les Quechuas et les ouvriers. Or, ces deux groupes se localisent principalement en périphérie. Les Asentamientos Humanos sont donc des espaces qui cumulent à la fois pauvreté, précarité et ségrégation.La capitale du Pérou est marquée par de fortes inégalités entre les différentes zones de la ville. Les bidonvilles, où vivent entre 40% et 45% de la population sont des espaces pauvres et dans une certaine mesure ségrégés au regard du reste de la ville. Ils présentent une vulnérabilité sociale importante avec des niveaux de développement peu élevés, mais aussi économique avec une incertitude de l’emploi sur une longue durée. Mais s’ajoute également une vulnérabilité physique liée à la géomorphologie de ces espaces. Ils sont effectivement pour une grande partie situés sur des terrains instables, des versants raides ou sur des sols en érosion. Les habitats très précaires, menacent également de s’écrouler en fonction de divers paramètres (vent, secousse sismique, érosion...). Une partie de la population de Lima, vivant dans les Asentamientos Humanos est donc exposée à de nombreux facteurs de vulnérabilité.

Subjects

Population, risque, pauvreté, logement, vulnérabilité, [SHS.GEO]Humanities and Social Sciences/Geography, [SHS.DEMO]Humanities and Social Sciences/Demography

BARREDA J., RAMÍREZ CORZO D., 2004, “Lima. Consolidación y expansión de una ciudad popular”, in Carlos Eduardo Aramburú et al., Las Ciudades en el Perú, Lima, Desco, p. 199- 218.

BIDOU J.-E. et DROY I., 2012, « Peut-on mesurer la vulnérabilité sociale et économique des ménages et des individus », communication au Colloque organisé par le Gemdev : « La mesure du développement », Paris, p. 1-21.

COURET D., METZGER P. et URBI, 2009, « Réduire les vulnérabilités plutôt qu'éradiquer la pauvreté. Le modèle de développement néolibéral à l'épreuve de la ville des Pays du Sud », Espace populations sociétés, n° 2, p. 263-277.

DAVIS M., 2004, “Planet of Slums”, New Left (http://newleftreview.org/II/26/mike-davis-planet-of-slums).

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