Les politiques visant la couverture sanitaire universelle et les perceptions de la qualité des soins de santé

Part of book or chapter of book French OPEN
Gautier , Lara ; Ridde , Valery (2017)
  • Publisher: HAL CCSD
  • Subject: politiques de santé | financement de la santé | Afrique Subsaharienne | [ SDV.SPEE ] Life Sciences [q-bio]/Santé publique et épidémiologie | [ SHS.ANTHRO-SE ] Humanities and Social Sciences/Social Anthropology and ethnology | qualité des soins

International audience; Le début de la décennie 2010 a été marqué par l’avènement sur la scène internationale de la couverture sanitaire universelle (CSU) comme politique de santé mondiale. La consécration, en 2015, de la CSU comme sous-objectif du nouveau programme de développement mondial – les Objectifs de développement durable 2016-2030 – invite les acteurs de la santé mondiale à se mobiliser en faveur de l’atteinte des trois volets phares de la CSU : assurer la protection du risque financier, améliorer l’accès aux services de santé pour les populations vulnérables, et augmenter la qualité des services. La mise en œuvre de la CSU reposerait donc sur des principes de justice sociale et d’équité.En se focalisant sur l’aspect financier de la définition, les organisations internationales ont estimé que pour parvenir à la CSU, il convenait d’inciter les pays à faible revenu à adopter la ou les politiques de financement de la santé adaptées à leurs contextes. Plusieurs stratégies de financement ont notamment été mises en avant par les différents acteurs de la scène internationale : il s'agit en particulier de l'assurance santé, de la gratuité, et du financement basé sur les résultats. Ces trois stratégies ont été présentées comme des instruments pertinents pour l’atteinte de la CSU. Or, on observe un fort éloignement des populations, qui sont les premières « récipiendaires » de ces politiques, par rapport aux instances dans lesquelles elles sont définies et promues. Cet aspect influence la manière dont les populations appréhendent ces nouvelles politiques, d'autant plus que le potentiel d’amélioration de la qualité de ces politiques, pourtant présenté comme un objectif phare, reste à démontrer. On ne peut réfléchir sur cette notion sans faire référence aux termes du débat anthropologique portant sur la complexité de la relation soignant/soigné, entre le cure et le care, ou le « biomédical » comparativement à un processus éminemment social d’ « accompagnement ». Si l’on adopte une définition « restrictive » de la santé (faisant exclusivement référence au biomédical), la qualité se définit comme le constat objectif d’un soin ayant été délivré de manière satisfaisante sur la base de standards biomédicaux en vigueur. Dans cette perspective, la perception de la qualité se définit uniquement par rapport aux soignants et se focalise sur le résultat du soin. Dans ce chapitre, nous faisons le choix du care et nous nous inscrivons ainsi dans une perspective sociale, au sein de laquelle les perceptions des patients quant à l’estimation de la qualité sont placées à égalité avec celles des soignants
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